Un ovni toujours à portée de main.
« Comment voyager avec un saumon » d’Umberto Eco dans un atelier ?
Ce recueil de chroniques parodiques n’a rien d'un intrus. Il occupe même une place stratégique : celle d’un outil pour « penser à côté ».
— La faillite du système contre la maîtrise du réel.
Pour celles et ceux qui seraient passés à côté de cet ouvrage, Eco porte un regard humoristique sur l’absurdité du quotidien moderne face à une technologie censée nous simplifier la vie (cartes magnétiques défaillantes, notices incompréhensibles, bureaucratie automatisée...). L’être humain se retrouve totalement désarmé.
L'auteur raconte avec une ironie mordante l'impuissance du consommateur moderne pris dans un engrenage qu'il ne contrôle plus.
C’est précisément là que réside, pour moi, la philosophie de l’atelier.
À l’atelier, on ne se contente pas de subir. On observe, on cherche à comprendre, on imagine autrement, on crée. Parfois simplement pour voir jusqu’où une idée peut nous emmener.
C’est peut-être cela, finalement, que ce livre vient faire sur l’établi : nous rappeler qu’il existe toujours une autre manière de regarder les choses.
On ne lit pas Umberto Eco comme un roman d’une seule traite. On y pioche. On l'ouvre sur un coin de table comme on attrape un tournevis, un pied à coulisse ou une burette pour huiler notre mécanique mentale.
Garder ce livre à portée de main ; s'assurer de ne jamais rester démuni face à l'incohérence des choses
et se souvenir que la création commence toujours là où les automatismes s'arrêtent.